A.I.M.E.R.

Aide et Information pour le Monde des Enfants de la Rue

Présidente : Christine Fontanet
Vice-présidente : Anne-Marie Couprie
téléphone : (33) 01 47 53 02 21

Partout dans le monde, même en France, des enfants, souvent petits, vivent ou plutôt survivent, seuls dans les rues des mégapoles, dans l'indifférence de tous.

Leur vie est un calvaire : chaque matin, ils se lèvent en se demandant comment ils vont faire pour manger. Ils sont parfois victimes de violences de la part de fous ou de sadiques. Les policiers qui ne savent pas quoi en faire les jettent en prison, souvent avec des adultes.

La moitié d'entre d'eux meurt en quatre ans : un enfant qui arrive dans la rue à huit ans a une chance sur deux de vivre jusqu'à douze ans.

En 1990, une équipe de bénévoles a décidé de venir en aide aux enfants de la rue en créant l'association A.I.M.E.R. (Aide et Information pour le Monde des Enfants de la Rue).

Son action consiste à :

- aider à la création de centres d'accueil et de foyers pour des enfants de la rue et en assurer le suivi,

- apporter une aide aux associations qui s'occupent d'enfants de la rue afin d'assurer une continuité sur le terrain, notamment en cas d'abandon par un bailleur de fonds,

-
diffuser en France des informations sur la situation dramatique des enfants de la rue et montrer les solutions concrètes réalisées dans ces programmes.

 

1. SON ACTION

Depuis 1991, par ses conseils ou son aide financière, A.I.M.E.R. a soutenu de nombreuses initiatives à l'étranger en faveur d'enfants de la rue, notamment en permettant la création de foyers où ils retrouvent une vie normale.

En France, à Marseille, elle a permis la création de l'association "Jeunes Errants" qui recueille des mineurs clandestins en provenance d'Algérie, de Bosnie ou du Kurdistan…, ayant fui la guerre civile ou les massacres.

En 2004, A.I.M.E.R. apporte son soutien financier à 26 projets dans 19 pays ; Afghanistan, Bénin, Brésil, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Colombie, Equateur, Guinée, Haïti, Inde, Madagascar, Mauritanie, Philippines, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal et Tchad.

A.I.M.E.R. diffuse quatre bulletins par an, des livres et une vidéocassette " Enfants des sables, enfants des rues". L'association fait connaître et soutient les projets en faveur des enfants de la rue en organisant des conférences, concerts, collectes, ateliers et en sensibilisant les jeunes dans les écoles.

Animée uniquement par des bénévoles, à Paris comme en province,
A.I.M.E.R., reconnue association de bgienfaisance, rassemble plus de quatre mille personnes dont les abonnés, donateurs, chefs de projets... Elle ne fait aucun mailing, ne rçoit aucune subvention et reste totalement indépendante.

Chaque euro versé est destiné aux enfants. Les frais de gestion sont compensés par les ventes des livres, cassettes et cartes de vœux.

 

2. SES PRINCIPES

  • Venus de toutes les régions du monde, réunis à Rufisque au Sénégal en 1995, plusieurs responsables de programmes en faveur des enfants de la rue, forts de leur expérience, ont établi une charte dite Charte de Rufisque, définissant les principes fondamentaux à l'attention de ceux qui veulent aider les enfants de la rue. A.I.M.E.R. adhère totalement à cette charte.
  • CHARTE DE RUFISQUE

    1. L'enfant de la rue doit être considéré comme un enfant, non comme un délinquant, un asocial, voire un malade.
    2. Avant de parler, l'adulte écoute l'enfant, il tient compte de ses désirs. Le rôle de l'adulte est de lui faire distinguer le rêve de la réalité.
    3. Ce sont les enfants eux-mêmes qui décident ce qui les concerne personnellement ou collectivement. L'enfant vient volontairement et peut retourner dans la rue s'il le souhaite. Dans les foyers, les décisions sont prises en commun.
    4. L'adulte passe un contrat simple avec l'enfant. Ce contrat doit être scrupuleusement respecté. On fera très attention à ne jamais mentir à l'enfant.
    5. Chaque fois que c'est possible, la priorité sera donnée à un retour stable et durable dans la famille.
    6. Si l'enfant est placé dans un foyer ou une famille d'accueil, il doit vivre sans luxe, dans les mêmes conditions que ce qu'il connaîtra plus tard quand il sera adulte.
    7. Les grosses institutions sont totalement bannies.
    8. On attachera de l'importance à préserver chez l'enfant les valeurs de la rue (volonté, débrouillardise, solidarité avec les autres enfants).
    9. L'enfant sera élevé dans la religion de ses parents. Tout prosélytisme doit être proscrit.
    10. L'enfant doit savoir qu'à partir de notre première rencontre, on ne l'abandonnera jamais même quand il sera adulte.

    "Si tu es sérieux, on t'aime, si tu ne l'es pas, on t'aime quand même."


    3. METHODES


    Les projets que soutient l'association
    A.I.M.E.R. comportent généralement trois étapes :

    C'est une étape importante mais difficile car les enfants se cachent et ne se laissent pas approcher.

    Une équipe d'animateurs sillonne les quartiers populaires des grandes villes pour aller à la rencontre des enfants de la rue. Chaque enfant est un exclu qu'il faut approcher en douceur. S'il est d'accord, on l'accompagne jusqu'au centre d'écoute où il sera accueilli et sécurisé.

    C'est un lieu d'écoute sûr, ouvert 24 heures sur 24, avec la présence rassurante d'un adulte. Il s'agit de répondre aux besoins immédiats de l'enfant : on lui offre un endroit où il peut dormir en toute sécurité, être soigné, se laver, mais aussi et surtout parler avec un adulte. Le centre d'écoute est le lieu privilégié pour essayer, si c'est possible, de faire retourner l'enfant dans sa famille. Trois fois sur cinq, les associations y parviennent.

    Si le retour en famille est impossible et si l'enfant en fait la demande, on lui propose alors de vivre dans un petit foyer de type familial, très rudimentaire. Il réunit environ vingt enfants. Comme dans toute famille, l'enfant est logé, nourri, habillé. Il sera ensuite scolarisé ou orienté en formation professionnelle.

    Tout cet ensemble gravite autour d'une personne-clé : le moniteur, plutôt un grand frère, un conseiller, un ami.

    L'enfant est venu volontairement au foyer ; il est donc libre de partir quand il le souhaite, mais s'il fait le choix d'y vivre, il doit en respecter les principes fondamentaux définis par les enfants eux-mêmes :

    - ne pas voler,
    - ne pas se droguer,
    - ne pas mentir pour des choses graves.

    Plus de 80% des enfants trouvés dans la rue s'en sortent.Les seuls échecs proviennent de ceux qui sont définitivement atteints par la drogue.